Brouillard jaune, Hamed Morovati
Une peinture abstraite à orientation verticale, composée de formes noires denses et superposées occupant la partie centrale de la surface. Les marques noires semblent lourdes et texturées, avec des contours irréguliers et des traits qui se chevauchent, dont l’opacité varie. Autour de la masse centrale sombre, et partiellement intégrées à celle-ci, se trouvent des zones jaunes, allant d’un ocre discret à des tons plus vifs et acidulés, appliquées en lavis et en traînées irrégulières. De plus petites touches de blanc et de gris pâle percent la surface, créant contraste et fragmentation. Le fond est clair mais irrégulier, avec des traces de pinceau visibles et des vestiges de couches antérieures. Des éléments linéaires et des formes rectangulaires partielles apparaissent par intermittence, suggérant une structure perturbée au sein de la composition. La surface dans son ensemble est très travaillée, avec des traces de grattage, de superposition et de marques répétées sur toute la toile.
Titre : Brouillard jaune
Artiste : Hamed Morovati
Date : 2025
Technique/Matériaux : Techniques mixtes
Dimensions : 76 cm x 152 cm
Style/Genre : Abstrait
Mots-clés/Thèmes/Balises : Dépression ; Anxiété ; Incarnation ; Brouillard cognitif ; L'art comme témoin
Déclaration de l'artiste :
Cette œuvre explore l'anxiété et la dépression en tant que conditions vécues et persistantes, plutôt que comme des états émotionnels épisodiques. La composition prend forme à travers un processus gestuel en couches qui met l'accent sur la densité, l'obstruction et l'accumulation. Les traces sont sans cesse retravaillées, masquées et partiellement effacées, reflétant ainsi la nature cyclique des pensées anxieuses et la difficulté à trouver la clarté dans les états dépressifs.
La masse noire dominante fonctionne à la fois comme une présence et comme une pression. Elle ne symbolise pas un événement ponctuel, mais un environnement persistant dans lequel la perception, la cognition et le mouvement sont contraints. Les tons jaunes agissent comme un brouillard particulaire plutôt que comme un éclairage, évoquant le brouillard mental, la surcharge sensorielle et l’interférence constante qui accompagne l’anxiété chronique. Plutôt que d’offrir une résolution ou un point focal, l’œuvre résiste à la cohérence visuelle, reflétant la manière dont la détresse mentale défie souvent toute articulation claire ou simplification clinique.
S'inscrivant dans le cadre de l'exposition « Unsilenced Stories : Art as Witness in Health Research », cette œuvre aborde les thèmes des états mentaux incarnés et de la réappropriation de l'expérience vécue au-delà des récits médicalisés. Elle témoigne de l’invisibilité de la maladie mentale et du fossé entre l’expérience intérieure et la reconnaissance extérieure au sein des systèmes de santé. En privilégiant la sensation, l’atmosphère et la fragmentation plutôt que la représentation, l’œuvre invite les spectateurs à aborder la santé mentale non pas comme un diagnostic abstrait, mais comme un état durable qui façonne la perception, l’identité et la vie quotidienne.
Contexte culturel / Histoire derrière l'œuvre :
Hamed Morovati considère cette œuvre comme profondément personnelle : elle est le reflet de son anxiété et de sa dépression. Elle dépeint un esprit constamment enveloppé de brouillard, plongé dans les ténèbres. On a l'impression qu'une brume jaune et de la poussière jettent sans cesse une ombre sur la vie.
Droits relatifs à cette image :
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